Pêcher en nymphe à vue.

Pêche en nymphe à vue

La nymphe à vue.

La nymphe à vue est une technique de pêche qui nécessite des conditions spécifiques.
Le pêcheur doit tout d'abord être discret et avoir une bonne vue. La rivière doit elle aussi être adaptée : eau claire ( rivière calcaires par exemple) et profil lent.

  • la préparation :

avant d'attaquer un secteur, il est important de visionner la totalité de son parcours, et de préparer sa pêche, ses positions. Cette étape est primordiale pour la pêche en nymphe à vue : les secteurs pêchés sont souvent calmes et le temps ensoleillé nous permet de bien voir le poisson... mais aussi d'être bien vu.
La descente vers la rivière doit se faire le plus discrètement possible et à un endroit stratégique : les chances d'effrayer des poissons sont importantes : il est donc nécessaire de choisir un secteur ou les poissons n'ont pas la possibilité de remonter la rivière et d'effrayer d'autres poissons en amont ( un seuil par exemple)
A mon sens, cette étape de préparation de sa pêche est la plus importante dans la mesure où c'est la plus difficile mais surtout parce que c'est elle qui détermine notre possibilité de prendre tel ou tel poisson sur le secteur.

truite fario
  • l'approche de la rivière :

à ce stade, notre parcours est dans notre tête, on sait exactement par où commencer et par où l'on doit passer pour ne pas effrayer les poissons. Avant de descendre au bord de l'eau, si la végétation nous le permet, il est très important d'avoir sa canne montée et " prête à pêcher ". il m'est trop souvent arrivé de faire barrer un poisson alors que je faisais mon nœud en catastrophe en arrivant au bord de l'eau... il ne faut surtout pas négliger ses positions : Si le soleil est dans notre dos, il est souvent important de se mettre à genou et la canne basse pour ne pas ombrer la rivière. La discrétion permet de faire des poissons " facilement ".

truite fario en nymphe
  • l'attaque du poisson :

à ce stade, vous êtes sur la berge ou dans l'eau, bien positionné (pas dans le champs de vision de la truite) et en capacité de lancer. La recherche du poisson ne vous a pas été très compliquée puisque vous avez pris soin de repérer votre parcours (étape 1) et donc les endroits où sont les poissons. Pour la pêche en nymphe à vue, un bas de ligne classique va bien. Il y a tellement de formules de bas de ligne que l'on s y perd, personnellement j'en utilise deux en rivière : un rapide pour pêcher quand il y a du vent, et un long bas de ligne pour pêcher dans des conditions normales. Avec ou sans nylon fluorescent : sur des poissons éduqués et/ou peureux en pêche a vue, les fils fluos " calent " les poissons.

Le bas de ligne doit se terminer par une longue pointe en fil relativement fin ( 8/10/12%) qui va permettre de faire couler une mouche légère dans une bonne profondeur d'eau. Le pausé doigt être " en paquet " : c'est à dire que pour limiter la portance du fil sur l'eau (et donc permettre à la mouche de couler), il vaux mieux le pauser discrètement mais en " salade " que de le pauser tendu. Le pausé doit être fait en amont du poisson pour que la nymphe arrive à la bonne profondeur au niveau de la bouche du poisson. La profondeur d'évolution de la nymphe dépend du poids de celle-ci, du diamètre du fil, et du pausé employé. Afin d'avoir la meilleur dérive possible, il faut privilégier un poids de nymphe faible, mais un diamètre de fil fin et un pausé adéquate. La nymphe a donc un mouvement qui s'approche d'une dérive naturelle et peut alors être prise par le poisson. Si la dérive se fait à la bonne profondeur, sans draguer et que la truite n'est pas alertée par votre présence, elle prendra.

Pour la pêche de l'ombre, vu que c'est un poisson qui est débile, on peut faire " plouffer " la nymphe : c'est un pausé peu discret mais qui permet à la mouche de perforer la surface de l'eau et de s'enfoncer rapidement. On peut également utiliser un poids peu adapté : ce poisson est tellement con que le fait de faire draguer volontairement la nymphe (animations) le provoque très souvent à manger.

  • le choix des mouches :

pour la pêche à la truite, j'utilise très peu de modèles en nymphes à vue. Par contre les poids et tailles sont diversifiés :j'utilise notamment des mouches du type phaisant tail, nymphe en dubbing, nymphe en quil, gammares, sous différentes tailles et lestages, (quelques tours de plomb fin, bille laiton, bille tungstène).
Avec ces 4 modèles, juste en faisant varier les poids, les couleurs des billes, les tailles d'hameçons, les couleurs des corps et en faisant des séries raisonnables ( 5 par exemple) on peut facilement remplir une boite...
si l'on pêche des ombres éduqués, il faut alors laisser libre cour à notre imagination et se dire que c'est un poisson débile qui est capable de bouffer la plus moche phaisant tail comme la plus belle nymphe à patte.

Lény Rimbert