La pêche au toc,sensibilité et finesse du geste

La pêche au toc et la pêche aux appâts naturel
La pêche aux appâts naturel, autrefois et toujours d'ailleurs, nommée pêche au toc, a évoluer et as  pris des lettres de noblesses grâce à de grand pêcheur tel que Messieurs Lamour, Arias , Sempé et bien d'autres qui ont su transmettre leur savoir et leur passion de cette pêche si délicate lorsqu'elle est bien pratiquée. Il existe cependant de légères différences qui en font pratiquement deux types de pêches distinctes. Il faudra donc bien choisir son matériel en fonction de la pêche que l'on pratique, une canne à anneaux pour une pêche de type anglaise, pour pêcher la grande rivière et faire de grandes coulées, ou une canne fil intérieur pour une pêche d'instinct sur de petits cours d'eau 

Tout le monde connaît cette technique, pratiquée depuis fort longtemps par nos ancêtres, ne considérez pas cette technique comme vieillotte, elle nécessite un bon apprentissage et une maîtrise de son matériel.

Pourquoi cette pêche ancestrale est appelée le toc, tout simplement par ce toc caractéristique que l'on ressent lorsque la truite se saisis de l'appât. Mais attention, ce qui était valable il y as 20 ans ne l'est plus maintenant, les truites étaient pêchées pour la consommation, pas comme un sport de loisir comme cela est bien souvent le cas.

Le comportement des truites a bien changé, plus méfiantes, plus nocturnes et surtout ayant pris l'habitude de voir les rives de nos ruisseaux et rivières arpentées par nombres de pêcheurs, pratiquant tous des techniques différentes, mais je me rends compte, au fur et a mesure des années, qu'il est vraiment temps de retourner à des valeurs beaucoup plus modeste et simple de la pêche.


Cette course effrénée au matériel de haut de gamme, au wader machin avec tout les avantages du monde, mais combien pêchent depuis la berge, avec une grande discrétion dans l'approche, une observation digne d'un chef sioux, une réflexion sur la position des poissons dans les veines de courants, et surtout la présentation de l'esche à notre truite.


J'essaierais de vous présenter une façon simple de pêcher en ruisseau, qui pour moi est la meilleure école pour comprendre le comportement de la truite, et surtout les courants et contres courants qu'engendre la disposition des blocs, des roches, des berges et bien sur du fond.


Il faut choisir une canne en trois brins, je ne crois pas au cannes polyvalentes dont on ne peut pas déterminer d'action, les cannes multi usage me paraissent totalement imprécises pour pouvoir pécher dans des conditions optimales ! Le choix d'une canne à fil intérieur me parait dans ce cas la meilleure solution, vous trouverez des cannes de qualités chez tous les fabriquant, mais pour un petit plaisir personnel offrez vous une canne fabriquée par un artisan qui vous fera une canne sur mesure, pour un prix légèrement supérieur, mais pour une qualité de glisse incomparable !
En ce qui concerne le moulinet, il ne s'agit ici que d'une réserve de fil, un moulinet a tambour fixe de type Ritma est bien , mais avec une canne à fil intérieur ,un moulinet intégré dans le talon est l'idéal, plus de manivelle mais une gâchette pour rentrer le fil dans le moulinet !

L'ouvereture au toc, une tradition........

Chacun de nous l'attends avec impatience, et même si ce n'est pas la première, nous avons toujours cette attente.
Certains feront leur ouverture en compagnie d'amis, plus pour marquer le coup et faire un bon casse croûte, d'autres choisiront un lieu plus tranquille, loin de l'agitation et surtout loin de toutes ces truites lâchées. Dans un sens , ces lâcher donnent du poisson aux pêcheurs occasionnel de truites, mais concentrent trop de monde au même endroit. Mais c'est une autre histoire dont il ne sera pas question ici.

Penchons nous sur une technique que j'affectionne tout particulièrement, la pêche au toc en ruisseau. Loin de tous, parcourons ces berges sauvages qui nous appellent pour une ouverture simplement  merveilleuse. 
L'équipement est affaire de goût, mais voici celui que j'utilise depuis des années, matériel robuste et simple. Le gilet ne comporte pas trop de poche , le strict nécessaire le garnisse, à savoir des hameçons de tailles et formes différentes, du nylon pour les bas de ligne en 12/100éme, des plombs, des guides fils , des micro-émerillons, une aiguille pour la canne Fil Intérieur (FI), un couteau Suisse.
Il n'est pas utile d'avoir un gilet qui contienne tout le matériel de pêche de la maison, c'est un poids inutile.
Une paire de cuissarde est largement suffisante, je les préfère aux bottes, elles permettent de se mettre à genoux sans se mouiller.
La canne, élément essentiel , est une canne artisanale, monté par un jeune artisan,Christophe Pacalet,en fil intérieur avec une glisse extraordinaire, elle est munie d'un moulinet à talon automatique, ce qui est le mieux pour ce type de canne.
Un sac à appât autour du cou, contenant des vers de terreau ne dépassant pas les 5/6 centimètres, des teignes, les plus petites possible, plus les appâts que l'on peut trouver dans l'eau.
La technique de pêche est assez simple, prospecter tous les coups qui peuvent être habités par Dame truite, et tous les postes de chasse présumés. Ce sont les truites qui guideront votre choix, au poste ou cavée! Il faut cependant garder à l'esprit que les eaux de début de saison sont froides, les truites, elles aussi sont frigorifiées, il faut donc faire dériver l'appât de façon lente et bien sur le fond, sans toutefois surcharger la plombée. Une prospection lente et méticuleuse est gage de réussite, pêcher tous les coups réserve parfois de très belle surprise,

Une ouverture qui je l'espère sera réussie, avec de belles truites aux couleurs époustouflantes prisent dans un écrin étincelant.
La prospection, une observation méticuleuse

Il est en effet primordiale de bien regarder le ruisseau, tout comme un plan indique une route, il vous indiquera les postes de chasse, de repos et de vagabondage de nos belles farios. La pêche au toc est avant tout une bonne "lecture " de l'eau, une approche discrète et une présentation optimum de l'appât.

La lecture de l'eau

Cette fameuse lecture de l'eau est presque innée chez certains, mais rassurez vous, cela s'apprend aussi, il faut simplement se rappeler des postes ou nous avons pris des truites, de bien comprendre les mouvements de l'eau, que se soit en surface ou en dessous de l'eau. Pour les eaux limpides, vous pouvez par exemple garnir votre hameçon d'un gros morceau de laine , de la couleur que vous voyez le mieux, puis de faire vos dérives. Vous comprendrez très vite comment les courants travaillent autour des blocs, sur les amortis etc. etc.

Une chose à toujours garder à l'esprit, le courant de surface est beaucoup plus rapide que celui de fond, ce qui s'explique facilement , rien ne freine l'eau en surface, alors que sur le fond, graviers, blocs, racines et autres ralentissent la course folle de notre tumultueux torrent.
Une approche soignée

  C'est une des choses à respecter de façon très "académique", il ne faut en aucun cas se déplacer en faisant du bruit, branches qui craquent, clapotis de l'eau avec les bottes, etc etc. Mais aussi toutes les ombres que le soleil projette sur l'eau et qui fera fuir toutes les truites postées, elle comprennent très vite le danger, vous ne pourrez même pas les apercevoir.

  C'est en avançant à pas de loup, en se tenant bien bas sur ses jambes que l'approche sera la plus favorable, il faut garder en tête que nous pêchons très prêt de la truite, les ruisseaux ne faisant pas une largeur supérieur à deux mètres! Servons nous de tous les obstacles, arbres, rochers talus et autres.

La présentation

Pas toujours facile de présenter l'appâts dans de trés bonne conditions, le plus naturellement possible, mais les eaux d'ouverture pardonnent parfois une erreur. Froide et légèrement cassée, elle dissimulera votre plombée, notre truite se concentrera alors sur l'appât, mais par eaux claires et basses, chose que l'on rencontre de plus en plus, l'erreur ne sera pas pardonnée.

  Pour une présentation convenable, bien se concentrer sur les veines d'eau, les courants et remous, les calmes et les bordures, vous devez adapter votre plombée à chaque situation. Un courant rapide, plombée groupée qui descend rapidement, un remous verra sa plombée groupée et assez proche de l'hameçon pour éviter d'avoir un papillon aquatique comme appât, les calmes verront la plombée plus étalée donc trés souple, et enfin les bordures concentre la plombée de manière à présenter l'appât seul, sans que le plomb de touche soit visible par la truite. Rapellez vous de mon petit bout de laine sur l'hameçon, si vous avez essayé, il est temps de vous souvenir de vos observations!


© Truites et Rivières. Xavier Hudry. Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSMise à jour: lundi 30 juin 2008