Le trèfle à quatre feuilles

Il est des individus avec des dons et qui sont plus forts que des magiciens.
Nous en connaissons un, avec un sens supplémentaire, de la campagne et non un Parisien.
Oui l'EMILE est seul capable d'apercevoir en une fraction de seconde
Le seul trèfle à quatre feuilles et s'il vous plaît, à plusieurs pas à la ronde !

Nous te savons immobilisé, prisonnier, dans la ville sale, loin des plaisirs champêtres
Toi, homme des bois, des sentiers perdus, des ruisseaux, des pique-niques sous les hêtres.
Saches que le vent qui caresse les cimes et lisse le pelage roux des cascadeurs isards
T'appelle, de même que le torrent chante pour te dire qu'il n'est pas là par hasard.

Les truites qu'il abrite sont impatientes que tu viennes adroitement les traquer.
Mais avant tu dois le savoir, dès que tu pourras normalement t'alimenter
Nous volerons vers toi pour t'amener les truites les plus belles et les plus délicieuses
Nous te les amènerons sitôt pêchées, fraîches et sur un lit d'herbes précieuses.

Tu sais, EMILE, le brouillard des cascades me disait l'autre jour qu'il était en deuil,
Les truites ne mordaient pas, j'ai compris qu'elles attendaient le pêcheur au trèfle à 4 feuilles.
Les cascades rebondissant sur les rochers m'ont avoué qu'elles voulaient te rafraîchir bientôt.
Même l'écureuil t'attend, car tu voies, il est parti quand il m'a vu à moi un matin bien tôt.

Nous t'attendons nous aussi, nous te gardons la bonne place près de la plus pure des eaux.
Nous t'attendons, nous t'amènerons t'enivrer de mille joies dans le meilleur des ruisseaux.
Nous écouterons tes intarissables récits contant tous les détails de ta dernière pêche,
Nous regarderons tes truites, les belles que tu auras su tromper en trouvant la bonne esche.

Tu manques à tes amis, aux forêts, à la montagne, aux sentiers, aux eaux libres, aux lacs.
Tu vas chausser tes bottes, prendre ton panier, ta canne à pêche, sans oublier les sacs.
Mais avant, trouve un trèfle à 4 feuilles à JOSETTE et n'oublie pas de la prendre par la main,
Tu prendras des truites pendant qu'elle cueillera, voila EMILE ça c'est pour demain !


                                              Alphonse ARIAS 

La truite

Marine hudry et une belle farioEntre les mille feuilles des branches basses et désordonnées des aulnes gais et sans pareils
Un rayon de soleil complice sur l'onde limpide, dévoile les cheveux des radicelles vermeilles.
Sous l'impulsion du courant elles  semblent danser un merveilleux boléro lent et langoureux.
Un duo de papillons blancs, inlassablement, valse en haut et en bas, comme deux amoureux,

Avec l'aubade des cascades, le refrain du torrent, le murmure des eaux : son univers à elle,
Son monde, mais diable qu'il est beau, sauvage, envoûtant, magique et comme elle est belle !
La truite, la vraie bien sûr, élégante et fière, princesse, reine, déesse elle est tout ça à la fois !
Elle s'enorgueillit d'une parure délicate, riche de tâches sombres et rouge pourpre mille fois.

Un artiste peintre, le meilleur qui soit avec d'infinies délicatesses, n'est ce pas magique nature
A dessiné cette maîtresse somptueuse, à la fois fauve et douce hantant les eaux vives et pures.
Vous la verrez parfois strictement immobile, nageoires à peine frémissantes, noble aux aguets.
Puis tout à coup, imprévisiblement elle se déplace vers l'amont, vive, avec un air très inquiet.

Ses longues, larges nageoires pectorales battent fort, et comme par magie elle fait du surplace.
Sa queue précédée de l'adipeuse agrémentée d'une perle rouge accélère elle aussi la cadence.
Elle s'enfuit comme une flèche pour rejoindre son habitat au cœur de ses lieux changeants.
Vous la verrez parfois se laisser glisser vers l'aval lentement puis s'arrêter brusquement.

Dans la plus grande élégance elle se laisse à nouveau glisser pour disparaître dans sa cache
Comme par enchantement, chez la truite tout est grâce, subtilité, intelligence que je saches.
La truite est déroutante, impassible ou éclair, mais toujours excessivement désirable et désirée
Du bonheur, du grand bonheur pour ceux qui n'ont pas renié les racines, héritages des aînés.

Vous la verrez parfois et là c'est un grand luxe se déplacer sans hâte pour aller vers l'appât,
Le prendre ou le dédaigner, qu'importe, l'essentiel étant l'image réelle que l'on a devant soi.
Vous la verrez peut être à l'autre bout de la ligne, tourner, tenter de fuir, sauter hors de l'eau,
Vous serez, c'est sûr un être comblé, ému et charmé devant la magie de ces instants très beaux
Vous voudrez les vivre encore, toujours, jamais rassasié vous voudrez les vivre à nouveau ! 



                                                          A. A.

Au coeur des Pyrénées

lac des pyrénéesLes Pyrénées sont nées de la légende d'Hercule dédaignant Pyrène, oh !quelle chance !
La Princesse furieuse, de colère, mit le feu et donna à la belle montagne naissance.
Quel grand dommage c'eut été de se priver de cette merveille, entrée dans l'histoire.
Merci  Princesse de nous avoir de façon curieuse, gratifiés des Pyrénées par désespoir.

Merci pour le caractère bucolique des vallées magnifiquement plissées où le son des cloches
Se mêle délicieusement au murmure des eaux et au sifflement du vent dans les branches.
Comme toutes les montagnes, les Pyrénées sont le commencement d'eaux vives ou closes.
Les ruisseaux alternent cascades et plateaux, ce sont, merci encore, de très belles choses.

Cette chaîne Pyrénéenne, je la vois depuis chez moi, belle et je n'ai jamais voulu la quitter.
Je me fous de la richesse de la planète, je l'aime et pour rien au monde ne veux la troquer.
Ces Pyrénées que mon père traversa à peine adolescent, contraint de fuir le fascisme
Elles sont le landau de mon enfance et depuis lors on se cajole, les perdre serait un séisme.

Que je m'ennuie au bord de la mer malgré la foule !que je suis bien, perdu dans les replis
Des Pyrénées, près des cascades, des cols, des troupeaux, et des sources de cresson remplies !
Que je suis bien, si petit, protégé par ce domaine géant et curieux, tantôt pic, tantôt crevasse
Dans l'étonnant calme du clapotis des eaux, des sonnailles et parfois du vent qui passe…

Les Pyrénées sont glorifiées par les cercles magiques dessinés par les aigles et les milans
Qui planent et planent encore tout près des falaises abruptes où les edelweiss défient les sens.
Le lagopède s'y trouve à merveille, moi aussi, dans ce jardin d'Eden aux mille rides plissées.
Il a pour voisin le farouche isard qui émerveille la montagne par ses acrobaties empressées.

Les cabanes de bergers exhalent le bon air d'autrefois, elles respirent avec eux et leur houlette
Une brise venue d'une autre galaxie et d'un temps perdu et oublié, on ne peut plus obsolète.
Les sapinières sombres tranchent avec le vert clair des hêtraies, couleurs de mon berceau,
Cet appel venu de vos sommets me va bien, Pyrénées, bien plus tard vous serez mon tombeau.


   
                                                Alphonse ARIAS

Mis à jour le :lundi 6 septembre 2010  SIRET:51853065400012Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSS  Infos légalesPartager sur Facebook                       Copyright © 2010. Tous droits réservés.Design: Xavier Hudry