Les mals aimés, le héron et la loutre.

J‘aimerai vous présenter un peu mieux deux habitants de nos cours d’eau français qui, de tout temps ont été chassés et persécutés, ce presque jusqu’à l’extinction.
Je veux vous parler de la loutre et du héron !
Deux espèces endémiques qui de ce simple fait devraient pouvoir vivre et être respectées sur les berges de nos rivières et plans d’eau.

Le Héron Cendré (Adréa Cinéréa)

Présentation:
Cet oiseau de la famille des « Ardéidre » fait partie des grands échassiers diurnes.
On le rencontre partout en France et ce jusqu’à plus de 1000 m d’altitude. Il peut atteindre une hauteur de 95 cm, il a une envergure de 185 cm et un poids de 1,5 à 2 kg. Adulte à 2 ans, il peut vivre 25 ans.
C’est un migrateur partiel, il ne se déplace rarement qu’au-delà de 500 km, néanmoins certains individus peuvent être sédentaires.
Reproduction:
On le retrouve dans tous les milieux humides peu profonds.
Il se perche et niche généralement dans les grands arbres bordant les rivières et les étangs. Il vit de façon solitaire en dehors de la période de reproduction.
Celle-ci s’étale de février à juillet.
Il pond 3 à 6 œufs qui seront couvés alternativement par les 2 parents pendant 25 à 28 jours.
Les petits prendront leur envol vers leur 55ème jours et quitteront leurs parents au bout de 8 à 9 semaines.
Alimentation:
La zone de prédation s’étend de 15 à 40 km autour de son nid.
Il mange environ 250 g de nourriture par jour. Se nourrissant le plus souvent de poissons, il apprécie également les batraciens, les reptiles, les petits oiseaux et mammifères. Il ne néglige pas non plus les insectes et les végétaux.

Population:
Le héron est de nouveau présent en France mais avait presque disparu
à la fin du XIXème siècle.
Protégé depuis 1974, il a depuis recolonisé l’ensemble de son territoire d’origine.
En effet, en 1928 on ne comptait plus que 350 couples, en 1974 (année officielle de sa mise en protection) on comptait déjà 4500 couples puis 10 000 en 1980.
La population a continué de croître jusqu’au début des années 90 pour ralentir en 1994 et se stabiliser au alentour de 30 000 couples depuis 2000.

La Loutre d’Europe (Lutra Lutra)

Présentation:
Ce mammifère semi aquatique principalement nocturne fait partie de la famille des « mustélidés » comme le blaireau ou le putois.
Elle atteint une hauteur de 30 cm au garrot et une longueur comprise entre 60 et 80 cm pour le corps, à quoi s’ajoute une queue de plus ou moins 35 cm.
Elle pèse généralement entre 5 et 15 kg.
La loutre vit de façon solitaire sur un territoire allant de 5 à 15 km de rivière ou sur une surface de 20 à 30 km² de marécage.
Adulte entre 2 et 3 ans, elle peut vivre presque 10 ans.
Reproduction:
Nous trouverons la loutre jusqu’au-delà de 1000 m d’altitude. Elle vit sous les berges de nos ruisseaux, rivières et même de nos fleuves où elle y fait sa tanière appelée « catiche » entre les racines et dans les cavités naturelles.
Elle y mettra bas de 1 à 3 loutrons après environ 60 jours de gestation.
Les petits resteront avec leur mère entre 6 et 18 mois.

Alimentation:
La loutre est essentiellement piscivore mais se nourrit également de batraciens, d’écrevisses et occasionnellement de rongeurs, d’oiseaux et de baies.
Elle mange environ 10 à 15% de son poids par jour mais elle est capable de s’adapter à la ressource.
Elle préfèrera les poissons dont la taille avoisine les 15 cm toutes espèces confondues mais s’orientera naturellement vers l’espèce la plus présente.

Population:
La loutre était encore bien présente en France au
début du XXème siècle, on comptait environ 50 000 individus, elle était alors classée comme nuisible, il s’en piégeait autour des 4000 par an entre 1890 et début 1900 notamment pour sa fourrure.
Elle subit un fort recul depuis les années 30 pour ne
compter plus qu’un millier d’animaux à la fin du XXèmesiècle.
Elle est protégée en France depuis 1972, un plan deréintroduction a été lancé en Alsace en 1998.
Cette opération est officiellement abandonnée après constat d’un mouvement de recolonisation naturelle, notamment en Bretagne sur la façade Atlantique et dans le Massif Central, principale région où des populations avaient subsisté.
Néanmoins, depuis quelques années, on observe une recolonisation des cours d’eau où elle avait été exterminée.
On évalue aujourd’hui la population de la loutre enFrance entre 2000 et 3000 individus.

Si le héron a réussit à se réinstaller et à reconquérir l’ensemble de son territoire d’origine et s’il arrive à s’accommoder d’un milieu en plus ou moins bon état, il n’en va pas de même pour la loutre.
D’ailleurs, sa quasi disparition n’est pas dû qu’à sa persécution mais à un cumul de cause, le « remembrement » y étant sûrement pour beaucoup. En effet, la loutre est bien plus dépendante du bon état du milieu.
Finalement, nous nous rendons assez vite compte que la loutre souffre des mêmes maux que « nos » truites…

P. Maure.

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