mise à jour le :samedi 12 mai 2012
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La pêche à l'asticot

Que dire ? Commençons par le commencement

L'asticot est une larve d'insecte, au même titre que le porte-bois, la petite bête et bien d'autre encore. Je parle de cela en premier car, a mon avis, la première aberration est là. Comment peut on interdire l'emploi d'un appât à un certain stade de son développement, alors que son cycle suivant, la mouche est autorisé ?
                Venons en à la pratique. Cette larve est donc un appât naturel qui peut éventuellement se trouver naturellement dans l'eau et être ingéré par les poissons. Il n'en est rien car peu de bêtes pourrissent aujourd'hui au bord des cours d'eau, malgré que ce ne soit pas qu'anecdotique. Pour ma part, je pratique la pêche à l'asticot de deux façons, au toc et au bouchon.
Concernant la première technique, le mot " toc " est à bannir, car depuis de nombreuses années, les poissons ont acquis une méfiance telle envers cet appât que la détection de la touche autre que visuellement mène en général à un " raté ". Je pêche en général assez fin, 10 ou 8 centièmes avec des hameçons variant de 16 à 22. Actuellement, c'est la seule solution pour tromper efficacement les truites, qui se méfient de l'asticot, du moins dans les rivières où il est autorisé. Il est très rare ( hormis les gros spécimens ) que  le poisson engame. Je dirais qu'un ferrage efficace se calcule en dixième de secondes, donc l'hameçon est en général planté sur le devant ou le côté de la bouche ( petite astuce : quand on " pêche bien ", je parle de la tenue de ligne, l'hameçon est planté du côté où on pêche, mais ne le répétez pas ). Il faut également escher son asticot. Et là, messieurs, patience et persévérance sont de mise. Les ¾ des pêcheurs n'enfilent pas correctement leurs asticots ( et comme disait Henri SOUEIX et mon oncle, compagnons de pêche, " asticot mal esché, truite manquée !).Maintes fois vérifié. DE plus, il faut recommencer cette opération délicate toutes les 3 ou 4 coulées pour avoir sans arrêt, un appât le plus naturel possible.
Concernant la seconde technique, le bouchon, elle  se pratique avec une canne anglaise et un bouchon type anglaise. Personnellement, je pratique sur des parties de cours d'eau très lente, qui ne serait pas péchables autrement ( a l'asticot). Le seul inconvénient, vu la méfiance des truites et la lenteur du cours d'eau, c'est que pour être rentable, en terme de touches, il faut souvent pêcher très fin. Je descend souvent en 6 centièmes et je n'ai pas besoin de vous faire de dessin, le rapport truite à l'épuisette/touche est déplorable. Mais, c'est là tout l'art de leurrer  le poisson et non celui de remplir le congélo, comme  le croient certains.
Soulevons maintenant le problème de l'amorçage. Certes, il existe encore quelques irréductibles qui appâtent comme des idiots, mais le seul résultat qu'ils obtiennent, est soit de prendre quelques bassines qui sont rappelées par leur instinct de pisciculture, soit  d'effrayer la quasi-totalité des truites en poste. Je parcours assez les rives pour affirmer qu'aujourd'hui, il reste très peu de " gros appâteurs " , surement beaucoup moins que de pêcheurs qui gardent les truites non maillées, qui ne respectent pas les heures légales et font durer le coup du soir, j'en passe et des meilleures. Essayez, hors ouverture ou en seconde catégorie, d'approcher une truite et de lui balancer une poignée d'asticots; elle fuit immédiatement. Il n'y a que dans les réserves où elles bouffent même les mégots de clope, qu'elles se jettent dessus comme la misère sur le pauvre. Puis, on va nous parler de la légende urbaine de l'asticot tueur de truites. Débilité. Et si une quelconque étude avait prouvé le contraire, y aurait-il des gens assez idiots pour autoriser l'amorçage en 2eme catégorie. Les asticots y sont moins méchants ? Ou alors ils sont intelligents, ils ne tuent que les truites, pas le poisson blanc... BLABLA
Que dire de plus sur cette pratique si fine et difficile : RIEN. Laissons les asticoteurs asticoter, les moucheurs moucher, les vaironneurs vaironner..... etc..... et arrêtons les pollueurs de polluer, mais de grâce n'accusons pas un appât ou une technique des maux de nos rivières à truites.

T. GIRAUDO

L'asticot, ce vaurien.... par JFB. ( publié sur le forum :Message par JFB le Mar 17 Nov 2009 - 23:13)

Inutile de rentrer dans la polémique… je pense qu'il est beaucoup plus intéressant de faire connaître la pêche à l'asticot à tous ceux qui ne la connaissent pas, qui ne l'ont jamais pratiquée, et dont certains ne se sont d'ailleurs pas gênés pour la dénigrer, ou carrément l'interdire.
Tout simplement par ignorance ! Vous me direz que quand on ne sait pas, on ne dit pas. C'est vrai, car beaucoup on causé sur l'asticot, sans jamais y avoir pêché…
Avant toute chose, il faut préciser que la pêche à l'asticot est une pêche traditionnelle en Pyrénées. Dans les grandes rivières uniquement, il convient de l'ajouter.
Oui, traditionnelle. On pêche à la barre dans le Massif Central, au vairon manié dans les Alpes et le Jura, au ver roulé dans l'ouest, à la mouche artificielle en Angleterre… et à l'asticot dans les Pyrénées. C'est ainsi. Chez les basques, on joue à la pelote. Certains préfèrent peloter les basques, ce qui n'est pas désagréable non plus. Il n'existe (heureusement) aucune fédération pour l'interdire… je parle des basques, parce que pour l'asticot, ce n'est pas le cas… même au pays basque d'ailleurs, puisque dans les nives, terminé !
Pour pêcher à l'asticot donc, il faut des asticots. Bravo, Jeff ! Il ne reste plus qu'en aller en acheter et pêcher…
Erreur grave, gravissime, boulette énorme, et capot en prévision sur truites sauvages ! Je ne parle pas des bassines, celles-ci feront l'objet d'un autre article, dans la rubrique cuisine ou pollution, comme vous voulez…
Pour des raisons d'hygiène évidentes, vos voisins n'apprécieront pas votre élevage d'asticots. Il faut donc les acheter.
Première opération, enlevez toutes les saletés dans lesquelles ils se trouvent avec une passoire.
Placez-les dans une boite jaune, et y incorporer quelques poignées de son. Jaune pour le mimétisme, les asticots prendront cette couleur. Dans le son, les asticots se nettoieront, et se conserveront longtemps. Les placer au frais, à coté par exemple du gâteau d'anniversaire de votre épouse, au réfrigérateur.
Le jour de la pêche, placez-les dans votre sac, qui doit être très large, votre main doit pouvoir y remuer aisément.
N'allez pas à la pêche avec seulement 1/4 d'asticots. C'est du temps perdu. Pêchez au ver ou à la teigne sinon. Et pourquoi vont me demander messieurs les donneurs de leçons, 1/4 ne serait pas suffisant ? Vous avez besoin d'un litre pour avoiner ?
Je répondrai que non, on n'avoine pas. Puisque c'est interdit. Je répondrai aussi que 3/4 de litre c'est un minimum si l'on veut pêcher SERIEUSEMENT du matin au soir. Car toutes les trois coulées, il vous faudra changer d'asticot. Et oui. Si vous voulez augmenter vos chances d'être capots, ne changez pas… Et je répondrai enfin à ceux qui n'ont jamais pêché avec cet appât, qu'ils essayent au bord de l'eau de l'enfiler correctement sur un 16 ou un 18… sans jaunir leurs polaroïds !
Car si personne ne vous a dit et montré comment faire, le brave asticot se percera à tous les coups. Pan, dans l'œil ! Une dizaine de percés pour une seule réussite… Je prends tous les paris ! Car il n'existe pas trente-six manières d'enfiler un asticot. Le puriste en utilise une seule, sur un 16, 17 ou 18 donc, enfilé de la manière suivante :
Piquez votre asticot, par le bout pointu, en exerçant une pression légère sur lui. La pointe de l'hameçon doit pénétrer sans qu'il se vide. Si ce n'est pas le cas, recommencez !
Si la première opération est réussie (pour le débutant après pas mal de tentatives) sans relâcher la pression, poussez votre asticot vers la palette sans jamais le faire reculer, sinon il se vide. Il faut impérativement que votre asticot épouse la courbure de l'hameçon. Vous devez faire sortir la pointe de l'hameçon, le tout dans un seul mouvement. Si ce n'est pas le cas, re-recommencez !
Si la deuxième opération est réussie, prendre la pointe de l'asticot entre le pouce et le majeur, avec les ongles, et faire monter l'asticot au dessus de la palette. Le bout du fil vers le haut du nœud pyrénéen (ou autre) jouera son rôle d'anti-retour.
Si vous avez réussi ces 3 opérations, qui en fait ne font qu'un seul mouvement, bravo ! Vous pouvez pêcher. Sinon, vous savez ce qu'il vous reste à faire… en plus d'avoir à nettoyer vos lunettes.
L'asticot sur son crochet, doit avoir exactement la même apparence que ceux qui sont dans votre sac. Si ce n'est pas le cas, mais je l'ai déjà dit…
J'ai mis longtemps avant d'être capable d'enfiler correctement un asticot. C'est à dire en moins de deux secondes. Enfant, j'ai vu Henri Soueix et mon grand-père le faire en moins d'une seconde… essayez, vous verrez !
Car à la pêche à l'asticot, il ne s'agit pas de perdre du temps. En été sur les plages, c'est là qu'il est le plus efficace. Quand les bassines ne sont plus de ce monde, et que l'on peut -enfin-causer de pêche.
Et sur les plages, la truite peut-être partout. Sous 1,5m d'eau comme sous 20 centimètres. Elle ne prendra votre asticot que si son passage fait un sans faute. Amusez-vous à lui en jeter une poignée, (pendant la fermeture) comme le font et le disent tous les ignorants, et vous verrez la fuite immédiate si le fond n'est pas important. Si celui-ci l'est, croyez bien qu'elle reconnaîtra ceux de vos lancers à celui qui est sur votre hameçon… je n'aime pas ce terme, mais « respecter » le poisson ? C'est avant tout ne pas le prendre pour une andouille… ou une bassine, c'est dans le dictionnaire des synonymes.
Partout où l'asticot est autorisé, Ariège, Garonne, Adour, Gaves, (hélas fini l'Aude et les Nives, des intellectuels sont passés par là) on ne prend que des bassines en avoinant. Dans les rivières pyrénéennes à grand débit, la pêche à l'asticot est autorisée depuis longtemps. Et croyez bien que les truites et leurs descendantes le connaissent par cœur ! En appâtant, on fait exactement le contraire que ce que l'on désire. On fait fuir les truites, on prend celles avec le nez rouge, que l'on prendrait d'ailleurs avec n'importe quoi.
La pêche à l'asticot se pratique vers l'aval, comme souvent avec les autres appâts en grande rivière.
Cette pêche est méthodique, à savoir que l'on découpe la rivière en tranches parallèles distantes de 50cm maximum, afin de ne laisser aucune partie non pêchée. Et toutes les 3 coulées, 4 grand-maximum, on change l'asticot.
La touche est toujours très fine. Pas de toc à l'asticot, jamais. On pêche au ras du fond, un toc et c'est déjà trop tard, surtout à plus de 8 mètres. La truite prend toujours l'asticot après l'avoir inspecté minutieusement, croyez bien que tous-deux ont dévalé ensemble ! Le moindre ralentissement, le moindre frémissement du fil, et c'est un ferrage immédiat, et d'autant plus ample que la distance de pêche est importante. (Elasticité du nylon, car le bas de ligne est en 12/100eme maxi)
Suivant le style, pêche à la Sempé ou pratique plus traditionnelle, les coulées peuvent être plus ou moins longues (parfois plus de 20m) et la ligne plus ou moins souple. Mais il faut toujours être extrêmement attentif, et éviter à votre asticot de faire le clown… les truites n'aiment pas ça.
J'ajouterai que la vieille rengaine des asticots qui percent l'estomac des truites est carrément lamentable. On aura vraiment tout fait pour interdire cette pêche, c'est infernal. Qu'il est sensible, l'estomac des truites ! Beaucoup plus que celui des cyprinidés qui eux, ne risquent rien, bien entendu… Et le pire, c'est que certains qui l'ont lu le croient encore !
Je suis un pêcheur pyrénéen, à qui l'on a enseigné sur l‘Aude et l'Ariège l'ART de la pratique de l'asticot, il y a (hélas !) plus de 30 ans. Et non pas une pêche pour viandards comme j'ai pu le lire maintes fois. D'ailleurs à ceux qui le pensent, je tire leur portrait en trempant joyeusement mon badaboum dans la rivière... détestant ceux qui en disent du mal sans l'avoir jamais pratiqué.

P.S. Vous qui pêchez des rivières où l'asticot est interdit, pensez-vous qu'elles sont plus poissonneuses que celles des Pyrénées ?
Vous voyez bien… n'interdisez pas et ne dénigrez pas la pêche à l'asticot, sinon c'est la pêche tout court que vous devrez interdire ! On ne fait pas de mal avec une canne à pêche.

Un asticoteur de TER.

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