La pêche au toc aux appâts naturels. 

Xavier Hudry en action de pêche
La pêche au toc aux appâts naturels, sensibilité et finesse du geste.

La pêche aux appâts naturels, autrefois et toujours d'ailleurs nommée pêche au toc, a évoluée et as pris des lettres de noblesses grâce à de grand pêcheur tel que Messieurs Lamour, Arias , Sempé et bien d'autres qui ont su transmettre leur savoir et leur passion de cette pêche si délicate lorsqu'elle est bien pratiquée. Il existe cependant de légères différences qui en font pratiquement deux types de pêches distinctes. Il faudra donc bien choisir son matériel en fonction de la pêche que l'on pratique, une canne à anneaux pour une pêche de type anglaise, pour pêcher la grande rivière et faire de grandes coulées, ou une canne fil intérieur pour une pêche d'instinct sur de petits cours d'eau
 
Tout le monde connaît cette technique, pratiquée depuis fort longtemps par nos ancêtres, ne considérez pas cette technique comme vieillotte, elle nécessite un bon apprentissage et une maîtrise de son matériel.
 
Pourquoi cette pêche ancestrale est appelée le toc, tout simplement par ce toc caractéristique que l'on ressent lorsque la truite se saisis de l'appât. Mais attention, ce qui était valable il y a 20 ans ne l'est plus maintenant, les truites étaient pêchées pour la consommation, pas comme un sport de loisir comme cela est bien souvent le cas.
 
Le comportement des truites a bien changé, plus méfiantes, plus nocturnes et surtout ayant pris l'habitude de voir les rives de nos ruisseaux et rivières arpentées par nombres de pêcheurs, pratiquant tous des techniques différentes, mais je me rends compte, au fur et à mesure des années, qu'il est vraiment temps de retourner à des valeurs beaucoup plus modeste et simple de la pêche.
 
Cette course effrénée au matériel de haut de gamme, au wader machin avec tous les avantages du monde, mais combien pêchent depuis la berge, avec une grande discrétion dans l'approche, une observation digne d'un chef sioux, une réflexion sur la position des poissons dans les veines de courants, et surtout la présentation de l'esche à notre truite.

Il faut choisir une canne en trois brins, je ne crois pas au cannes polyvalentes dont on ne peut pas déterminer d'action, les cannes multi usage me paraissent totalement imprécises pour pouvoir pécher dans des conditions optimales ! Le choix d'une canne à fil intérieur me parait dans ce cas la meilleure solution, vous trouverez des cannes de qualités chez tous les fabricants, mais pour un petit plaisir personnel offrez-vous une canne fabriquée par un artisan qui vous fera une canne sur mesure, pour un prix légèrement supérieur, mais pour une qualité de glisse incomparable !
En ce qui concerne le moulinet, il ne s'agit ici que d'une réserve de fil, un moulinet à tambour fixe de type Ritma est bien, mais avec une canne à fil intérieur, un moulinet intégré dans le talon est l'idéal, plus de manivelle mais une gâchette pour rentrer le fil dans le moulinet !
L'équipement est affaire de goût, mais voici celui que j'utilise depuis des années, matériel robuste et simple. Le gilet ne comporte pas trop de poche , le strict nécessaire le garnisse, à savoir des hameçons de tailles et formes différentes, du nylon pour les bas de ligne en 12/100éme, des plombs, des guides fils , des micro-émerillons, une aiguille pour la canne Fil Intérieur (FI), un couteau .
 
 
Il n'est pas utile d'avoir un gilet qui contienne tout le matériel de pêche de la maison, c'est un poids inutile.
Une paire de cuissarde est largement suffisante, je les préfère aux bottes, elles permettent de se mettre à genoux sans se mouiller.
La canne, élément essentiel, est une canne artisanale, monté par un jeune artisan, Christophe Pacalet, en fil intérieur avec une glisse extraordinaire, elle est munie d'un moulinet à talon automatique, ce qui est le mieux pour ce type de canne.
Un sac à appât autour du cou, contenant des vers de terreau ne dépassant pas les 5/6 centimètres, des teignes, les plus petites possible, plus les appâts que l'on peut trouver dans l'eau.


Belle fario de ruisseau

La prospection, une observation méticuleuse

Il est en effet primordiale de bien regarder le ruisseau, tout comme un plan indique une route, il vous indiquera les postes de chasse, de repos et de vagabondage de nos belles farios. La pêche au toc est avant tout une bonne "lecture " de l'eau, une approche discrète et une présentation optimum de l'appât.

La lecture de l'eau

Cette fameuse lecture de l'eau est presque innée chez certains, mais rassurez vous, cela s'apprend aussi, il faut simplement se rappeler des postes ou nous avons pris des truites, de bien comprendre les mouvements de l'eau, que se soit en surface ou en dessous de l'eau. Pour les eaux limpides, vous pouvez par exemple garnir votre hameçon d'un gros morceau de laine , de la couleur que vous voyez le mieux, puis de faire vos dérives. Vous comprendrez très vite comment les courants travaillent autour des blocs, sur les amortis etc. etc.

Une chose à toujours garder à l'esprit, le courant de surface est beaucoup plus rapide que celui de fond, ce qui s'explique facilement , rien ne freine l'eau en surface, alors que sur le fond, graviers, blocs, racines et autres ralentissent la course folle de notre tumultueux torrent.

Une approche soignée

C'est une des choses à respecter de façon très "académique", il ne faut en aucun cas se déplacer en faisant du bruit, branches qui craquent, clapotis de l'eau avec les bottes, etc etc. Mais aussi toutes les ombres que le soleil projette sur l'eau et qui fera fuir toutes les truites postées, elle comprennent très vite le danger, vous ne pourrez même pas les apercevoir.

C'est en avançant à pas de loup, en se tenant bien bas sur ses jambes que l'approche sera la plus favorable, il faut garder en tête que nous pêchons très prêt de la truite, les ruisseaux ne faisant pas une largeur supérieur à deux mètres! Servons nous de tous les obstacles, arbres, rochers talus et autres.

La présentation

Pas toujours facile de présenter l'appâts dans de très bonne conditions, le plus naturellement possible, mais les eaux d'ouverture pardonnent parfois une erreur. Froide et légèrement cassée, elle dissimulera votre plombée, notre truite se concentrera alors sur l'appât, mais par eaux claires et basses, chose que l'on rencontre de plus en plus, l'erreur ne sera pas pardonnée.

Pour une présentation convenable, bien se concentrer sur les veines d'eau, les courants et remous, les calmes et les bordures, vous devez adapter votre plombée à chaque situation. Un courant rapide: plombée groupée qui descend rapidement, un remous verra la plombée regroupée et assez proche de l'hameçon pour éviter d'avoir un papillon aquatique comme appât, les calmes verront la plombée plus étalée donc très souple, et enfin les bordures concentrent la plombée de manière à présenter l'appât seul, sans que le plomb de touche soit visible par la truite. Rappelez vous de mon petit bout de laine sur l'hameçon, si vous avez essayé, il est temps de vous souvenir de vos observations!

Le Pétsu