La pêche à l'asticot.

asticot

Que dire ? Commençons par le commencement

L'asticot est une larve d'insecte, au même titre que le porte-bois, la petite bête et bien d'autre encore. Je parle de cela en premier car, a mon avis, la première aberration est là. Comment peut on interdire l'emploi d'un appât à un certain stade de son développement, alors que son cycle suivant, la mouche est autorisé ?
Venons en à la pratique. Cette larve est donc un appât naturel qui peut éventuellement se trouver naturellement dans l'eau et être ingéré par les poissons. Il n'en est rien car peu de bêtes pourrissent aujourd'hui au bord des cours d'eau, malgré que ce ne soit pas qu'anecdotique. Pour ma part, je pratique la pêche à l'asticot de deux façons, au toc et au bouchon.

enfiler un asticot

Concernant la première technique, le mot " toc " est à bannir, car depuis de nombreuses années, les poissons ont acquis une méfiance telle envers cet appât que la détection de la touche autre que visuellement mène en général à un " raté ". Je pêche en général assez fin, 10 ou 8 centièmes avec des hameçons variant de 16 à 22. Actuellement, c'est la seule solution pour tromper efficacement les truites, qui se méfient de l'asticot, du moins dans les rivières où il est autorisé. Il est très rare ( hormis les gros spécimens ) que le poisson engame. Je dirais qu'un ferrage efficace se calcule en dixième de secondes, donc l'hameçon est en général planté sur le devant ou le côté de la bouche ( petite astuce : quand on " pêche bien ", je parle de la tenue de ligne, l'hameçon est planté du côté où on pêche, mais ne le répétez pas ). Il faut également escher son asticot. Et là, messieurs, patience et persévérance sont de mise. Les ¾ des pêcheurs n'enfilent pas correctement leurs asticots ( et comme disait Henri SOUEIX et mon oncle, compagnons de pêche, " asticot mal esché, truite manquée !).Maintes fois vérifié. DE plus, il faut recommencer cette opération délicate toutes les 3 ou 4 coulées pour avoir sans arrêt, un appât le plus naturel possible.

Concernant la seconde technique, le bouchon, elle se pratique avec une canne anglaise et un bouchon type anglaise. Personnellement, je pratique sur des parties de cours d'eau très lente, qui ne serait pas péchables autrement ( a l'asticot). Le seul inconvénient, vu la méfiance des truites et la lenteur du cours d'eau, c'est que pour être rentable, en terme de touches, il faut souvent pêcher très fin. Je descend souvent en 6 centièmes et je n'ai pas besoin de vous faire de dessin, le rapport truite à l'épuisette/touche est déplorable. Mais, c'est là tout l'art de leurrer le poisson et non celui de remplir le congélo, comme le croient certains.

Truite fario

Soulevons maintenant le problème de l'amorçage. Certes, il existe encore quelques irréductibles qui appâtent comme des idiots, mais le seul résultat qu'ils obtiennent, est soit de prendre quelques bassines qui sont rappelées par leur instinct de pisciculture, soit d'effrayer la quasi-totalité des truites en poste. Je parcours assez les rives pour affirmer qu'aujourd'hui, il reste très peu de " gros appâteurs " , surement beaucoup moins que de pêcheurs qui gardent les truites non maillées, qui ne respectent pas les heures légales et font durer le coup du soir, j'en passe et des meilleures. Essayez, hors ouverture ou en seconde catégorie, d'approcher une truite et de lui balancer une poignée d'asticots; elle fuit immédiatement. Il n'y a que dans les réserves où elles bouffent même les mégots de clope, qu'elles se jettent dessus comme la misère sur le pauvre. Puis, on va nous parler de la légende urbaine de l'asticot tueur de truites. Débilité. Et si une quelconque étude avait prouvé le contraire, y aurait-il des gens assez idiots pour autoriser l'amorçage en 2eme catégorie. Les asticots y sont moins méchants ? Ou alors ils sont intelligents, ils ne tuent que les truites, pas le poisson blanc... BLABLA

Que dire de plus sur cette pratique si fine et difficile : RIEN. Laissons les asticoteurs asticoter, les moucheurs moucher, les vaironneurs vaironner..... etc..... et arrêtons les pollueurs de polluer, mais de grâce n'accusons pas un appât ou une technique des maux de nos rivières à truites.

T. GIRAUDO