La pêche à la bombette.

Parmi toutes les techniques qui s'offrent à nous pour pêcher en lac de montagne, rares sont celles qui permettent une recherche active des poissons à toutes distances et profondeurs ; c'est précisément le but de la pêche à la bombette, parfaitement adaptée à une prospection fine et efficace en lac.

Elle nécessite toutefois un matériel adapté et une action de pêche tout à fait originale.
Texte et photo Simon Scodavolpe

 Un matériel adapté

Pour le matériel, on optera pour une canne spéciale " bombette " si possible de faible encombrement, avec une attention particulière pas tant sur la longueur (ce type de canne mesure généralement 3m90) mais plutôt sur sa puissance qui dépend du poids des bombettes utilisées.
Une canne de puissance indiquée 10-30 gr, qui constitue un modèle polyvalent, trouvera son efficacité maximale pour propulser des bombettes d'environ 20 gr, c'est-à-dire (10+30)/2.Pour le pêcheur qui pratique dans des lacs aux caractéristiques très variées (superficie, profondeur), il pourra s'avérer utile de disposer de plusieurs cannes de puissances différentes.
Le moulinet quant à lui sera comme dans toutes les pêches actives fortement sollicité, un modèle fiable et léger est préconisé ; afin de favoriser le dévidage du fil au lancer, la bobine aura un diamètre assez important (un moulinet de type anglaise convient très bien). Il contiendra au moins 150 mètres de nylon de 16 à 20 centièmes.
Le montage est très simple mais chaque élément a son importance, notamment l'émerillon (baril triple ou rolling double) qui évitera le vrillage du bas de ligne.
Ce dernier mesurera le plus souvent 2 mètres et aura un diamètre de 10 à 16 centièmes suivant l'esche et la taille des poissons convoités.
De même, le choix de l'hameçon mérite aussi une attention particulière : on veillera à adapter sa taille (de 6 à 12) à la grosseur de l'appât utilisé. La pointe sera assez éloignée de la hampe, de façon à favoriser la rotation de l'appât durant la récupération.

La plupart des esches (vers et teignes) seront enfilées ; on choisira donc une hampe assez longue et si possible possédant un ou deux micros ardillons inversés afin que l'appât se tienne bien droit même après plusieurs lancers appuyés. Le montage Pyrénéen de l'hameçon est aussi tout indiqué dans le même but (bien que les 2 mètres de bas de ligne ne facilitent pas sa réalisation !).
A la teigne, on peut également, à la manière d'un monteur de mouches artificielles, effectuer une demi-clé au niveau de la tête, ce qui la maintient fermement au dessus de la palette de l'hameçon.
Au contraire si l'on pêche avec un vairon ou un insecte, on optera pour une tige courte. D'autre part, le volume de l'appât influe sur la technique de ferrage qui interviendra parfois à la moindre sensation suspecte (simple teigne, ver) ou sera légèrement décalé (double teigne, vairon…) ; dans tous les cas, le mouvement sera d'autant plus ample que la bannière sera longue pour compenser son élasticité. Enfin, si certains pêcheurs rechignent à manipuler des appâts vivants, les leurres (surtout petits leurres souples, poissons nageurs et cuillères ondulantes) ont toute leur place au bout d'un montage bombette ; sachez utiliser leur diversité !

Le choix des bombettes, une clé de la réussite

La gamme de bombette MILO est selon moi inégalée sur le marché.
Au moment du choix de la bombette, deux éléments sont à prendre en considération :
-la distance de pêche qui conditionne le poids de la bombette à utiliser ; en lac de montagne, une gamme de 3 à 25 gr permet de couvrir la majorité des situations rencontrées.
-La profondeur de pêche qui conditionne la densité : soit flottante, semi plongeante, ou plongeante ; en fonction du niveau d'évolution des poissons actifs un des 3 types sera préconisé.

De façon générale, j'utilise toujours la bombette la plus légère (pour des raisons de discrétion au lancer) et la moins dense possible, toujours en rapport avec le poste prospecté bien sûr : en effet, une bombette à faible vitesse d'immersion autorise infiniment plus de variations d'animation qu'une bombette très plongeante. De plus, c'est le seul moyen d'obtenir une action planante (tant prisée par les pêcheurs au vairon manié) : les phases de relâché sont alors accompagnées d'une chute naturelle de l'appât, très efficace en lac de montagne ; au contraire un modèle très dense requiert obligatoirement une récupération rapide si l'on veut garder la même profondeur de pêche. C'est pourquoi, même si je pêche au ras du fond, je n'emploie que rarement des bombettes ultra plongeantes (sauf cas extrême), quitte à patienter un peu plus longtemps que le montage atteigne le bon niveau ; temps qui n'est finalement pas perdu car on peut espérer rencontrer un poisson évoluant plus haut dans la colonne d'eau (gardez donc le fil tendu durant ce laps de temps).

Enfin, il peut être utile de connaître précisément la vitesse d'immersion de la bombette employée, c'est pourquoi je vous encourage à regarder lors de l'achat si cette mention figure sur la bombette (le plus souvent exprimée en m/s).
Ainsi, il suffit de compter à partir de l'impact sur l'eau pour savoir précisément à quelle profondeur se situe le montage quand vous débuterez la récupération ; le but étant de choisir une tranche d'eau où les poissons sont sensés chasser et d'y animer son montage : il faudra donc adapter la vitesse de récupération au moulinet à la vitesse de descente de la bombette durant les relâchés, afin de rester autant que possible dans l'étage convoité. Pour y parvenir, seule une bonne connaissance de votre matériel peut vous aider ; vous pouvez éventuellement tester votre montage en bordure avant le début de la pêche.
Au niveau de l'animation, rien de bien compliqué : alternez phases de récupération uniforme, petites tirées irrégulières et phases de relâché… Il est important d'animer le montage jusqu'au bord car il est fréquent qu'un poisson suive et attende le dernier moment pour s'en saisir. Certains jours, il faudra même ruser pour prendre ces poissons " suiveurs " : à quelques mètres de la berges si vous apercevez une truite qui lorgne devant votre teigne, stoppez la récupération, l'appât descend alors lentement durant quelques secondes, puis reprenez l'animation…c'est souvent payant et l'émotion est garantie !

Simon Scodavolpe

Les appâts pour pêcher à la bombette