Interview Pauline Espinosa

Pauline espinosa

Le Pétsu : Bonjour Pauline Espinosa, tout d’abord, il serait bon que tu fasses une petite présentation

Pauline Espinosa : Bonjour Xavier, j’ai 25 ans, je vis à Lyon et suis originaire de Chambéry en Savoie.
Dans la vie, je travaille pour Groupama en tant que technicienne de recouvrement.
Je suis passionnée de pêche, de photo, et tout ce qui concerne la nature et l’animalier.
Mon palmarès :
-          7ème au championnat de France féminin réservoir 2010
-          1ère au championnat de France féminin rivière 2011
-          3ème au championnat de France féminin réservoir 2012
-          3ème au championnat de France féminin réservoir 2013
 
Le Pétsu : comment as- tu débuté la pêche ?

Pauline Espinosa : La première fois que j’ai pris une canne dans les mains, j’avais 8 ans. J’ai emmené mes petits cousins, (accompagnés par ma tante), pour pêcher dans une pisciculture vers Valence. Au début il était hors de question que je pêche et encore moins que je touche des poissons. Mais mon cousin m’a donné la canne au bout d’un long moment sans faire de truites, et de la, impossible de m’arrêter. J’ai fais une belle truite d’environ 50 cm et rempli quelques seaux en plus … J’ai finalement adoré l’expérience, ma tante a dû me freiner pour que l’on puisse rentrer. Ensuite je n’ai plus pêché jusqu’à l’adolescence, puis avec les copains, nous faisions quelques sorties en lac le week-end pour pêcher la truite, le black-bass et les petits gardons. J’ai enfin attaqué la pêche au toc vers mes 19 ans car j’adorais le décor des rivières et torrents de ma région, puis je me suis lancée à la mouche 1 an plus tard, et depuis je ne lâche plus mon fouet ! 

Le Pétsu : Basé dans la région Sud Est, quelles sont tes rivières de prédilections

Pauline Espinosa : J’affectionne tout particulièrement le Guiers et le Cozon, mais j’ai en fait plusieurs rivières de prédilection. J’aime aller dans l’Ain sur l’Albarine pour pratiquer la pêche à vue, ma préférée ! Je vais sur l’Arc à Termignon pour la pêche en torrent et faire de la « roulette », et donc le Guiers et Cozon, eux réunissent toutes les techniques ce qui me plait également. Dans une journée, je peux aussi bien pêcher en sèche ou en nymphe.

Le Pétsu : Quelle est la technique de pêche que tu affectionnes le plus, et surtout ce qui te pousse à la pratiquer.

Pauline Espinosa : Comme tu l’as compris depuis tout à l’heure, pour moi c’est la pêche à la mouche et en particulier la NAV (Nymphe A Vue). J’aime cette technique car déjà pour ma part, je pêche en rivière, je déteste être statique en lac (quoi que l’hiver en réservoir, cela permet de trouver le temps moins long avant l’ouverture). Pour moi la pêche à la mouche c’est le côté technique, la recherche de la bonne mouche, s’adapter aux comportements des poissons et apprendre encore et toujours. Depuis que je la pratique, j’apprends et me perfectionne chaque année un peu plus. Je pense d’ailleurs qu’on ne fait jamais vraiment le tour de cette technique. Sans oublier le montage de mouches qui est aussi un élément important car il n’y a pas plus grande satisfaction pour moi que de prendre du poisson avec mes imitations. Savoir trouver et imiter les insectes que veulent les poissons.

Le Pétsu : Sur toutes tes sorties pêche, en as- tu une qui te reste gravée dans la tête et pourquoi ?

Pauline Espinosa : A vrai dire, j’ai plusieurs sorties qui restent gravées dans ma mémoire, mais une en particulier c’est mon championnat de France féminin rivière que j’ai remportée en 2011 sur le Guiers mort. Je m’étais inscrite pour ma 2ème année de compétition féminine, sans avoir la moindre prétention de faire une place. Je voulais revoir et rencontrer des filles passionnées comme moi, et pouvoir au travers de la compétition me perfectionner un peu plus, car face à soi même et avec l’adrénaline du championnat, on se remet beaucoup en question et c’est la qu’on progresse le mieux. Au début de ma première manche, j’ai eu cette petite voix qui m’a dit dans ma tête « tiens et pourquoi tu ne pourrais pas gagner ? », alors je me suis appliquée et concentrée, j’en tremblais même. Au fur et à mesure que je progressais sur mon parcours, je prenais confiance malgré les conditions de pêche très difficiles. Le Guiers était en décrue le premier jour du championnat, l’eau était encore très haute et les poissons avaient mangé pendant la montée des eaux, pas très gourmands ce jour ci ! J’ai quand même fait une belle 1ère manche avec 4 truites maillées et un peu plus de non maillées. Je me suis donc classée 1ère dès cette manche. Puis il y a eu les 2èmes et 3èmes manches sur le samedi après midi et dimanche matin. Je me suis retrouvée sur des parcours très escarpés dans les gorges, j’ai eu quelques grosses frayeurs à cause de ma peur du vide, ce qui ne rendait pas facile l’accès à certains postes dans les gorges, la fatigue n’arrangeant rien. Ces passages restent gravés pour moi dans le sens ou lorsqu’on veut gagner et progresser nous sommes capables de surmonter nos peurs, la fatigue et les conditions difficiles. Je fais 1 poisson samedi après midi et 1 dimanche matin, avec encore une fois une bonne dizaine de truites non maillées en parallèle. Ce qui me classe 1ère au championnat de France féminin rivière 2011, je suis alors championne de France rivière ! Un souvenir gravé dans ma mémoire à jamais, et un titre qui m’ouvrira bien des portes par la suite. En effet j’ai pu être sponsorisée par Avenirs Pêche Comboire à Echirolles et Bidoz Products à Scionzier.

Le Pétsu : Et enfin, que penses- tu de la législation Française concernant la pêche en première catégorie

Pauline Espinosa : Il y aurait beaucoup à dire car c’est une controverse entre beaucoup de pêcheurs suivant les techniques, les convictions et les croyances de chacun. Il existe selon moi un vrai problème ou plutôt une vraie question sur le sujet, l’environnement aquatique : la qualité de l’eau, des berges, la quantité et le respect du poisson. Les associations et fédérations de pêche qui se penchent sur la question sont amenées à devoir répondre à des attentes bien précises des pêcheurs, notamment la quantité de poissons dans nos rivières. Il y a différentes façons de gérer et répondre aux attentes des cotisants, pour ma part j’opte pour une gestion patrimoniale. C’est celle que je préfère car elle respecte l’environnement aquatique et permet une diversité piscicole importante, basée sur la revalorisation de nos rivières. 

Le pétsu: merci Pauline pour ce moment passé en ta compagnie, en te souhaitant une excellente saison 2014.

Page 6 sur 6Suivant