Interview Nicolas Germain

nicolas germain

Très connu des coureurs de berges du Jura, présent sur la toile depuis de nombreuses années, le travail qu’il effectue sur SA rivière est exceptionnel ! Parfois les avis divergent, mais le travail accompli force le respect…..

Le Pétsu : Bonjour Nicolas, tout d’abord, il serait bon que tu fasses une petite présentation.
Nicolas Germain : Bonjour. Jurassien de naissance, père de famille de trois enfants,  je cumule deux métiers (technicien qualité dans l’industrie plastique et monteur de mouches artificielles) et quelques postes dont deux de présidence dans le milieu associatif, autant dire que mes journées sont remplies.  Je vais fêter mes quarante ans cette année. 

Le Pétsu : comment as- tu débuté la pêche ?
Nicolas Germain : Contrairement aux apparences, en eaux salée. En compagnie de mon père durant les vacances familiales d’été.  Puis, passé une dizaine d’années, en rivière toujours en suivant mon père.  J’ai touché un peu à tout, ver de terre, cuillère, appâts naturels en dérive, vairon manié, bulle d’eau…La rencontre avec André Terrier à l’aube de mon adolescence m’a dévoilé une passion pour la pêche à la mouche, elle me hante encore chaque jours aujourd’hui.

Le Pétsu : Basé dans la région Sud Est, quelles sont tes rivières de prédilections
Nicolas Germain : Une seule, la rivière d’Ain. Je ne suis pas contre une ou deux journées de pêche dans d’autres lieux, mais le plaisir et la sensation de bien être n’est jamais égalée. Je suis né à quelques centaines de mètres de la rivière d’Ain et j’habite encore aujourd’hui à quelques minutes à pied  de cette rivière fantastique.  Une rivière est pour moi avant tout un lieu, une âme, un être qui vous apporte des émotions. La rivière d’Ain en particulier dans sa partie amont est tout cela pour moi, je n’en demande pas plus.  

Le Pétsu : Quelle est la technique de pêche que tu affectionnes  le plus, et surtout ce qui te pousse à la pratiquer.

Nicolas Germain : Comme dit plus haut, j’ai réellement tout pratiqué pour pêcher la truite. J’ai même pêché les truites des ruisseaux de Haute Loire à la sauterelle. J’ai pris plus jeune énormément de plaisir à manier mon vairon dans les grandes coulées de la rivière d’Ain.  Aujourd’hui, je prends du plaisir uniquement avec ma canne à mouche. C’est une pêche technique, passionnante et envoutante. Les sensations de combat avec une belle truite sont extraordinaires.  Cette pêche permet aussi de pratiquer toutes l’année sur toutes sortes de poissons, elle n’a aucune limite.
 
Le Pétsu :
Sur toutes tes sorties pêche, en as- tu une qui te reste gravée dans la tête et pourquoi ?

Nicolas Germain : J’en ai des tonnes après presque trente ans de pratique. D’ailleurs, j’en profite pour annoncer la sortie prochaine de mon premier livre où vous en retrouverez quelques unes. Si je devais en retenir une parmi un grand nombre, c’est peut-être celle où, accompagné de mon fils de onze ans à l’époque, je l’ai vu sortir devant moi sa première vraie grosse fario en nymphe à vue. Un poisson qui avoisinait les soixante centimètres. Onze ans, c’est juste exceptionnel. Sortir de l’eau avec un petit quatorze centièmes un poisson de cette taille par un tout petit bonhomme était un exploit. J’ai eu les larmes aux yeux lorsque les zébrures de la truite se sont toutes glissées dans l’épuisette. Un instant de vie mémorable que je souhaite à tous les papas pêcheurs qui me lisent.   

Le Pétsu : Et enfin, que penses- tu de la législation Française concernant la pêche en première catégorie

Nicolas Germain : J’ai longtemps eu des idées bien précises et assez arrêtées sur la règlementation. C’était une erreur. Avec le temps qui passe et les années qui s’accumulent, je vois les choses un peu différemment. J’ai beaucoup plus tendance à écouter les gens dont c’est le métier et j’apprends de leur savoir au fil du temps. On a la chance dans le Jura d’avoir des techniciens d’une incroyable compétence, il faut donc en profiter pleinement. Même si parfois la passion l’emporte sur mes propos ou mes actes, j’essaie malgré tout de rester à leur écoute et je les soutiens au jour le jour auprès de mes collègues présidents d’AAPPMA pour leur faire prendre conscience qu’ils n’ont pas la science infuse. Je ne réponds réellement à la question, mais c’est un point qui me parait primordiale. Comme le dit un adage célèbre, à chacun son métier. Moi, je suis pêcheur et par conséquent loin d’avoir toutes les connaissances scientifiques nécessaires pour prendre bon nombre de décisions importantes d’un point de vue règlementaire. 
Malgré tout, si j’avais le pouvoir d’influencer la législation en place, mon souhait le plus cher serait que cette politique de simplification voulue par nos instances nationales face marche arrière.  On voit bien que ces dernières années, il y a une volonté affichée de lissage des règlements sur le territoire national sans prendre en compte les spécificités par bassins versants ou par région. Rien que dans notre beau  département du Jura, les disparités comme la taille atteinte par une truite pour être un géniteur efficace peu aller du simple au double. Certainement une vingtaine de centimètres sur les têtes de bassin en altitude et autour des quarante cinq centimètres pour une truite de la basse Bienne à peine âgée de trois ans ! Rien qu’avec cet exemple, on comprend qu’une réglementation identique est une énorme aberration.  Donc imaginez à l’échelle nationale sur des rivières aussi différentes que variées que l’on peut trouver dans notre pays. 
Il faut absolument que les instances nationales face confiance aux techniciens de chaque fédération car seules ces personnes ont les connaissances et l’expérience du terrain. Et même si cela doit compliquer un peu les règlements, ce n’est pas si grave que cela. La pêche n’en pâtira pas. De toute façon, les effectifs de pêcheurs sont en baisse continuelle, alors que l’on soit au moins à l’écoute des personnes compétentes, c’est pour moi le minimum.
Mais cette question n’aurait pas lieux d’être avec des rivières en ordre au niveau qualité de l’eau. Une rivière saine sera habitée par de belles densités d’insectes et de poissons. Dans ces cas là, la réglementation est presque secondaire. Cela doit être la priorité absolue, que toutes les énergies du monde de la pêche aillent dans le même sens pour combattre les différents maux qui rongent nos rivières, le reste suivra…

 Le Pétsu: Merci nicolas pour ce moment passé en ta compagnie, et qui sait, un jour au bord de l'eau....      

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