écologie de la truite

Nous autres pêcheurs aimerions tous pouvoir pêcher dans des rivières avec des densités de rêves, regorgeant de truites énormes mais est-ce seulement possible??

La capacité d'un milieu, ici la rivière, à abriter une population de truites dépend de facteurs dits "?abiotique?" c'est à dire indépendants des êtres vivants. Parmi ces facteurs, on trouve la disponibilité d'habitats, le climat, la température moyenne de l'eau, le taux d'oxygène dissout...
Mais il faut aussi prendre en compte la quantité de nourriture disponible. Si ces facteurs sont en adéquation avec la niche écologique de la truite, c'est à dire l'espace (habitat, frayères), les conditions de vie et la place dans le réseau trophique que la truite va occuper en fonction du temps, alors celle-ci pourra se développer dans cette rivière.

Mais avoir des truites ne nous suffit pas, nous en voulons toujours plus?! Nous voulons qu'elles soient nombreuses et de belle taille?! Ces deux choses sont assez difficilement conciliables. En effet, d'un point de vu écologique, la truite est un stratège "?r?" c'est à dire qu'elle a une maturité sexuelle assez précoce, qu'elle est très prolifique mais qu'il n'y a aucun soin ni protection apporté aux petits.
La dynamique de la population est régie par plusieurs facteurs biotiques qui regroupent toutes les interactions entre les êtres vivants comme les relations trophiques (prédation, parasitisme), la compétition intra et extra spécifique pour l'habitat, la nourriture, les partenaires sexuels...
Tous ces éléments vont conduire à une réduction du nombre d'individus au fur et à mesure que l'on avance vers le haut de la pyramide des âges.

graphique population truite

Parfois, il arrive que sur certaine portions cette répartition ne soit pas respectée par la présence de plusieurs gros poissons et très peu de petits. Ce cas de figure n'est pas bon pour la rivière car les gros poissons, les plus âgés, sont de moins bon géniteurs que les plus jeunes.
De plus dans ce cas le nombre de poisson est considérablement réduit car ce qui importe dans une rivière, ce n'est pas le nombre d'individus mais la biomasse. Chaque milieu a une biomasse (ou masse d'être vivants) potentielle fixée par les facteurs cités plus haut.
Yohan Naille.