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 La canne à fil intérieur est née dans le
Comminges, faite de roseau ou de bambou dont on perçait les membranes
internes afin d'y faire passer le crin, bien sur, cette technique ne
permettait pas d'avoir une " glisse " extraordinaire mais elle
avait l'avantage de protéger le crin de l'environnement parfois difficile
qui entoure un ruisseau, branches, feuilles et ronces glissent sur le
roseau ou le bambou, sans accrocher le crin. Grâce à cette astuce, la pêche
est grandement facilitée en accédant plus facilement aux postes les plus
" enfarnatés " comme ils disent dans le
sud ouest ! La progression de ces cannes sera spectaculaire, pour atteindre
un niveau de glisse irréprochable, mais à une condition essentielle, celle
d'être parfaitement entretoisée. Hé oui, il ne s'agit pas d'enfiler des
entretoise dans un blanck pour que cela devienne
une canne FI, il faut respecter un écartement, une position très précise de
ces entretoises, les cannes " industrielles ne possèdent pas ce schéma
de montage, on enfile une entretoise dans la canne, puis on la bloque voir
même on la colle et c'est tout. Le résultat est à la hauteur d'un tel
travail, une très mauvaise glisse même avec une plombée très lourde, le
crin frottant l'intérieur du blanck et freinant
ainsi le lancer. Cet état de fait a porter préjudice à ce merveilleux
outils de pêche qu'est la canne à fil intérieur, les pêcheurs ne pouvant
pas se servir de leur canne sans plomber comme des " mules ", ce
qui n'est pas le but recherché !
L'évolution de ces cannes est
donc due aux artisans entretoisant ces blancks de manière très spécifique, le nombre
d'entretoise a l'intérieur de la canne est bien supérieur a celui des cannes
" industrielle ", environ 20 pour une canne du commerce mesurant
3.50m contre environ 40 pour la même canne entretoisée par l'artisan, ce
qui fait une différence énorme en ce qui concerne la glisse. Chaque artisan
à son propre process de
montage, mais le résultat final est sans comparaison, il faut simplement se
dire que ces cannes " sur mesure " sont plus chère a l'achat,
mais dans le temps, le plaisir procuré est incomparable. A ma connaissance,
seul 3 artisans montent encore ce genre de canne, la maison Ducos, le
pêcheur Toulousain et un tout jeune Roannais, Christophe Pacalet, qui travaille de
très belle façon.
Pour avoir vraiment la canne idéale pour la pêche en ruisseaux et petites
rivières, il est inconcevable de ne pas l'équiper d'un moulinet à talon, en
voici un bref historique, ses avantages et inconvénients, si j'en trouve…..
Ce petit
moulinet très simple à été inventé par Lucien Louis Carrere, des Hautes-Pyrénées, qui déposa le
brevet en 1953. Il s'agit d'un moulinet à récupération par élastique, en
actionnant une gâchette avec la main qui tient la canne, ce qui libère
totalement l'autre main. Le tube qui rentre dans la canne contient les
élastiques de rappel et une gâchette qui actionne une tringle, celle-ci
pousse la bobine de crin qui, libérée de ses encoches tourne en rembobinant
le crin. Ce premier moulinet, qui est vraiment le père de tous ceux qui
suivront aura le très grand désavantage d'avoir une bobine trop
petite en diamètre, ce qui a pour conséquence de vriller le fil, cause de bien
des soucis.
Sur cette photo, nous voyons
bien le tube qui rentre dans la canne, la gâchette et le bâti de la
bobine qui sort du talon de la canne. C'est le seul élément visible
avec la gâchette lorsque le moulin est en place dans la canne
L'avantage premier de ce moulinet, vous l'aurez compris, c'est qu'il
est intégré parfaitement à la canne, ne laissant aucune chance aux ronces
et autres branches de s'accrocher à une manivelle ou encore le bâti du
moulin. En sachant que la distance optimale de pêche avec ce genre
d'équipement est d'une dizaine de mètres, nous avons vraiment de quoi
venir. La pêche en grande rivière est tout a fait possible,
Monsieur Alphonse Arias en donne la preuve sur ses vidéos, toutefois, il
est nécessaire d'avoir une canne un peu plus longue, 4 mètres ou 4.2
mètres. Tout le plaisir de ce moulinet réside dans une fonction qu'il ne
possède pas, le frein, c'est donc la main du pêcheur qui régule la sortie
du crin, et le doigt qui en contrôle la rentré. Une pêche d'application et
de concentration en grande rivière, un plaisir qui n'est pas gâché par les
nombreux accrochages dans les branches en ruisseau, ce qui pourrait dire
qu'il est indispensable !
Ces moulinets ne sont pas fabriqués de manière industrielle, mais d'une
façon artisanale, quatre moulinets existent, à ma connaissance, dans le
commerce. Ce sont évidemment des moulinets fabriqués a l'unité, a la
main ce qui leur donne une valeur différente, autant par l'aspect
financier, il faut compter entre 150 et 200 euros pour un moulinet, que par
l'âme des mains qui l'ont façonné.
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